Quand l’amour nous fait perdre notre propre place : comment rompre avec les schémas relationnels toxiques
Au début dans une relation, tout est beau.
Il est charmant, attentionné, généreux.
Vous avez l’impression d’avoir enfin rencontré cette personne qui vous voit vraiment. Vous comptez pour elle. Vous vous sentez aimée, protégée, peut-être même portée.
Il vous dit :
« Ne travaille pas. Je m’occupe de tout. »
Et pourquoi auriez-vous peur ?
Vous êtes heureuse.
Vous êtes sur votre petit nuage.
Vous ne voyez pas encore que, petit à petit, quelque chose est en train de changer.
Pas brutalement.
Presque imperceptiblement.
Vous travaillez moins.Vous devenez plus dépendante financièrement.Certaines amitiés s’éloignent.Votre monde se resserre doucement autour de votre couple.
Mais vous ne vous dites pas : « Je suis en train de perdre mon indépendance. »
Vous vous dites :
« Nous construisons notre vie ensemble. »
Puis vient le moment où quelque chose bascule
Vous venez d’avoir votre enfant.
Vous êtes épuisée. Vous dormez à peine. Votre corps vient de traverser un bouleversement immense et vous auriez besoin que quelqu’un prenne soin de vous aussi.
Et l’homme que vous aimez vous annonce qu’il ne peut pas vraiment être là.
Il a des problèmes d’argent. Il doit travailler. Il faut que vous vous débrouilliez avec le bébé.
Vous comprenez.
Parce que vous l’aimez.
Vous voulez même l’aider.
Alors, un jour, en poussant votre bébé dans sa poussette, vous lui dites :
« Si tu veux, je peux t’aider à gagner de l’argent. »
Il rit.
Et vous répond :
« Le seul travail que tu peux faire ici, c’est pute. »
Et là…
quelque chose se brise.
Vous continuez à marcher derrière la poussette.
Vous ne dites peut-être rien.
Mais intérieurement, vous vous demandez :
Qui est cet homme ?
Est-ce vraiment la personne dont je suis tombée amoureuse ?
Pourtant, vous restez
Parce qu’une phrase terrible n’efface pas immédiatement toutes les années précédentes.
Vous vous dites qu’il est fatigué.
Qu’il est inquiet pour l’argent.
Qu’il ne pensait certainement pas ce qu’il venait de dire.
Que ça va passer.
Et puis il y a les bons moments.
Alors vous pardonnez.
Une fois.
Puis une autre.
Et progressivement, ce qui vous aurait paru inacceptable quelques années auparavant devient presque votre quotidien.
C’est là que j’aime utiliser l’image de la casserole qui chauffe doucement.
Non pas comme une vérité scientifique, mais comme une métaphore.
Si quelque chose nous fait terriblement mal dès le premier jour, nous avons souvent envie de partir.
Mais lorsque les limites sont déplacées millimètre après millimètre, il devient beaucoup plus difficile de voir à quel moment nous avons commencé à nous perdre.
Un jour, vous regardez votre vie.
Vous avez moins d’espace.
Peut-être moins d’amis.
Peut-être moins d’autonomie financière.
Votre corps est fatigué.
Et surtout, vous ne reconnaissez plus complètement la personne que vous étiez.
Alors une question arrive :
Comment en suis-je arrivée là ?
Comment rompre avec les schémas relationnels toxiques et Pourquoi n’ai-je pas vu ?
Je crois que c’est une question beaucoup plus intéressante que :
« Pourquoi ai-je été aussi bête ? »
Parce que vous n’étiez pas bête.
Vous aimiez.
Vous espériez.
Vous vous souveniez de la personne du début.
Et peut-être aussi que certaines choses vous étaient étrangement familières.
C’est là que j’aime aller regarder plus profondément.
Rompre avec les schémas relationnels toxiques commence parfois par une question très simple : à quel moment ai-je cessé de m’écouter ?
Qu’avons-nous appris de l’amour ?
Qu’avons-nous vu lorsque nous étions enfants ?
Avons-nous appris qu’aimer, c’était soutenir l’autre quoi qu’il arrive ?
Pardonner encore et encore ?
Se sacrifier ?
Faire passer les besoins des autres avant les nôtres ?
Rester loyale même lorsque nous souffrons ?
Parfois, nous pouvons reproduire des dynamiques connues sans nous en rendre compte — non parce que nous les voulons, mais parce qu’elles nous sont familières.
Et cela ne signifie pas que nous sommes condamnés à les reproduire.
À quoi ressemble une relation saine ?
Peut-être faut-il aussi réapprendre cela.
Dans une relation saine, vous pouvez aimer quelqu’un sans disparaître.
Vous pouvez soutenir l’autre sans porter toute sa vie.
Vous pouvez avoir vos amis, votre travail, vos projets, votre argent, votre espace.
Vous pouvez dire non.
Vous pouvez être en désaccord.
Vous pouvez être vulnérable sans que cette vulnérabilité soit utilisée contre vous.
L’autre n’a pas besoin de vous diminuer pour exister.
Et surtout :
vous n’avez pas besoin de devenir plus petite pour être aimée.
Revenir à soi
C’est une partie du travail qui me passionne aujourd’hui.
Dans ma pratique du Scan Bioénergétique, je ne cherche pas à décider à la place d’une personne si son partenaire est « bon » ou « mauvais ».
Je préfère regarder avec elle ce qui se passe en elle.
Qu’est-ce qu’elle ressent ?
Où a-t-elle cessé de s’écouter ?
Quelles croyances ou quels schémas semblent se répéter ?
Qu’est-ce qui lui appartient et qu’est-ce qu’elle porte pour les autres ?
Le Scan est pour moi un outil d’exploration et de prise de conscience parmi d’autres. Il ne remplace ni un accompagnement psychologique, ni une aide spécialisée lorsqu’une personne vit une situation de violence ou de danger.
Mais il peut ouvrir des questions.
Et parfois, une question suffit à commencer un chemin différent.
Est-ce que je me sens libre d’être moi-même dans cette relation ?
Est-ce que je me sens respectée ?
Est-ce que je peux grandir à côté de cette personne sans avoir à disparaître ?
Et peut-être la plus importante :
Si je cessais un instant d’écouter ce que tout le monde attend de moi… qu’est-ce que moi, je ressens ?
J’écris aujourd’hui sur les chemins de résilience, les relations, l’intuition, l’art et tout ce qui peut nous ramener un peu plus près de nous-mêmes.
Si cette histoire fait écho à quelque chose que vous avez vécu, prenez simplement ce qui résonne pour vous.
Votre histoire vous appartient.
Avec amour et douceur,
AmyLaly Sandrine



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